Apprendre à s’endormir seul dans la bienveillance

Ou la fin des nuits pourries (partie 2) 

Forts de notre découverte sur le sommeil de notre fils, il nous paraissait désormais évident que nous allions devoir l’accompagner, pour qu’il apprenne à s’endormir seul, dans son lit. Evidemment, fidèles à notre volonté d’éducation bienveillante et de maternage, nous souhaitions que cet apprentissage se fasse dans la douceur et dans la sérénité, ce qui nous semble indispensable pour avoir une bonne relation avec le sommeil. Je vous explique juste après comment nous nous y sommes pris. Rassurez-vous les pleurs et la méthode 5/10/15 n’ont pas leur place dans cet article 😉 

Nous avions initialement prévu de commencer une fois que nous aurions installé le lit de grand de Bébé M, pensant que ce changement nous aiderait à le valoriser en tant que « petit garçon » et plus comme un bébé. Mais nous avons été pris dans un tourbillon de galère qui ont retardé cet achat, alors que nous avions prévu d’acheter ce grand lit peu de temps après notre déménagement. Nous aurions pu attendre, cela aurait sans doute été mieux, mais comme souvent, les choses ne se passe pas toujours comme on les avait prévues… 

Jour 0 – La galère de la première nuit 

Par une nuit particulièrement chaude, nous récupérons Bébé M dans notre lit vers minuit, comme à son habitude. D’ordinaire, Bébé M bouge déjà beaucoup et il n’est pas rare de recevoir un coup de pied ou de poing dans notre sommeil, mais cette nuit-là, Bébé M est particulièrement agité. Après plusieurs coups, Monsieur M sature, et souhaite que notre fils soit réexpédié dans sa chambre, maintenant. Nous sommes tous les deux fatigués, les conditions ne sont pas idéales puisque nous n’avons pas pris le temps de préparer notre bouchon en amont, mais tant pis, ce n’est plus possible. Je raccompagne donc Bébé M dans sa chambre en lui expliquant que, désormais, il devra dormir dans son lit toute la nuit. Que pour sa qualité de sommeil et pour la nôtre, il n’est plus possible de partager le même lit. Je lui dis qu’il est grand, qu’il doit maintenant dormir dans sa chambre, qu’à 3 dans notre lit nous avons trop chaud, que nous avons mal au dos. J’ajoute qu’il devra aussi s’endormir dans son lit et plus dans nos bras, qu’à partir de ce jour nous raconterons l’histoire dans le fauteuil comme d’habitude, puis qu’il ira dans son lit pour s’y endormir. Je lui explique que nous resterons près de lui jusqu’à ce qu’il se sente rassuré, que c’est ainsi maintenant et que nous ne reviendrons pas sur cette décision. 

Bien sûr Bébé M ne l’entend pas du tout de cette oreille. Il hurle, se fâche, jette son doudou, réclame mes bras à corps et à cris. Je continue à expliquer avec le plus de calme possible, parfois en élevant la voix pour couvrir la sienne. Je lui confirme que c’est difficile de changer ses habitudes, que c’est normal que ça le rende triste et en colère, mais je lui rappelle pourquoi nous le faisons et pourquoi c’est important. Je ne tente pas de contenir Bébé M dans son lit, ça serait peine perdue, alors nous alternons entre les câlins dans les bras et les caresses et mots rassurants alors que je reste près de lui. 

Après 3 heures de lutte, Bébé fini par abdiquer. Et pour la première fois depuis de longs mois, il s’endort dans son lit. Il ne se réveillera qu’au matin. 

 Jour 1 – Déjà de nets progrès 

Après la terrible nuit que nous venons de passer, nous prenons un peu de temps après le petit déjeuner pour réexpliquer, à tête reposée, notre choix et ses raisons. Nous redonnons à Bébé M tous nos arguments tout en lui répétant que nous serons toujours là s’il a besoin et qu’il peut toujours nous appeler. Toute la matinée nous le valorisons en tant que « petit garçon » et j’essaye de mon côté de ne plus l’appeler bébé (et c’est bien difficile !). 

Au moment de la sieste, après l’histoire, je propose un long câlin à Bébé M et lui demande si je peux le poser dans son lit. Après 3 « non » que je respecte, il finit par me dire « oui » et je le dépose. A peine installé, il me demande de rester près de lui. Je m’installe à côté de son lit, assise sur le sol, il cherche ma main de temps en temps et je lui donne sans hésitation. Il finit par s’endormir assez rapidement et ne se réveillera que 3 heures plus tard. Une si longue sieste n’était pas arrivée depuis plus de 6 mois. 

Le soir venu, Bébé M commence à intégrer son nouveau rituel. Je reste près de lui en lui parlant et lui caressant la main de temps en temps. Il s’endort assez facilement et je peux m’éclipser de sa chambre sans problème. Comme c’est le cas depuis bientôt 5 mois, Bébé M se réveille en hurlant environ 1h après avoir été couché. Nous nous levons vite pour lui rappeler rapidement que nous sommes là pour le rassurer mais qu’il n’est plus question de nous rejoindre dans notre lit, qu’il doit rester dans sa chambre. Bébé M proteste, pleure, hurle, tente de rejoindre notre chambre mais nous l’en empêchons doucement en lui rappelant les nouvelles règles. Après 1 heure de négociation, il se rendort dans son lit. 

 Jour 2 – La première nuit complète 

Comme la veille, au matin, nous rappelons dans le calme les raisons de notre choix et nous valorisons à nouveau notre petit garçon. Nous insistons sur les progrès et les avantages que nous trouvons à ce nouveau fonctionnement : nous trouvons Bébé M plus reposé, nous aussi avons mieux dormi, nous avons eu moins chaud. 

Lors de la sieste, Bébé M semble avoir bien compris le nouveau fonctionnement, il se lève seul à la fin de l’histoire pour récupérer son doudou, alors je lui propose de monter dans son lit seul. Il semble hésiter puis me tend les bras, c’est donc moi qui le dépose dans son lit. Je reste près de lui jusqu’à ce qu’il me semble calme et lui annonce que je vais aller m’assoir dans le fauteuil car le sol est trop dur. Il accepte sans discuter et s’endormira seul, avec ma présence mais plus éloignée. Encore une fois, nous aurons droit à 3 heures de sieste. 

Pour le couché je propose à nouveau à Bébé M de monter dans son lit seul, il refuse à nouveau et je le dépose dans son lit. Je reste quelques minutes près de lui et lui dit que je vais m’assoir dans le fauteuil comme pour la sieste. Bébé M proteste un peu, alors je lui rappelle de la voix que je suis juste à côté, sans me rapprocher de lui. L’endormissement est un peu plus long, j’estime qu’il est encore un peu tôt pour sortir de la chambre avant qu’il ne dorme mais il finit par sombrer. Cette nuit-là sera sa première nuit complète, sans aucun réveil, depuis bien longtemps. 

 Jour 3  Le bout du tunnel 

En ce troisième jour de « sevrage de l’endormissement aux bras », notre fils nous surprend agréablement et nous voyons enfin le bout du tunnel. 

A la sieste, il accepte pour la première fois de monter dans son lit seul, il semble même y prendre un certain plaisir. Sa sérénité et sa confiance sont palpables, ce qui nous conforte encore plus dans nos choix. Je dois néanmoins encore rester un peu dans le fauteuil, et pleine de confiance, je tente de sortir de sa chambre avant qu’il ne soit endormi. Je viens lui faire un bisou et lui souhaiter une bonne sieste, lui rappelle que je suis juste à côté s’il a besoin de moi, je ne veux pas le prendre en traitre et partir sur la pointe des pieds. Ça marche ! Pour la première fois Bébé M s’endort réellement seul ! 

Au moment du couché, je souhaite réitérer. Bébé M monte à nouveau dans son lit, et je tente de partir avant qu’il soit endormi. Un peu trop tôt sans doute, cette fois-ci ça ne marche pas et je dois revenir quelques instants le rassurer, les endormissements pour la nuit sont plus délicats que pour les siestes. Une fois rassuré, pour la seconde fois, je peux sortir de sa chambre avant qu’il ne soit endormi. 

En trois jours Bébé a appris à s’endormir seul 

Les jours suivants se ressembleront : couchés sereins avec notre présence sur de courts moments en le laissant seul avant qu’il ne soit endormi, siestes longues, nuits complètes sans réveils. Il faudra encore 3 jours pour que Bébé M accepte ce même rituel avec son père alors que c’est moi qui est assuré l’essentiel des couchés durant les trois premiers jours. Les nouvelles habitudes sont longues à mettre en place avec chacun des parents. Il faudra environ une semaine de plus avant que ne puissions sortir de la chambre directement après que Bébé M soit monté dans son lit et que nous ayons éteint la lumière.  

Progressivement, calmement, en expliquant toujours et en valorisant, nous avons pu mettre un terme à plusieurs mois de nuits chaotiques. Nous avons réussi à donner à notre tout-petit suffisamment confiance en nous et en lui pour qu’il réussisse ce qui nous parait être un exploit. Au quotidien, ce changement ne nous apporte que des bénéfices : pour nous des temps calmes durant les siestes pour avoir le temps de faire tout ce qui est impossible à réaliser avec un petit garçon de 2 ans près de soi, des soirées à deux bien nécessaires pour se retrouver, plus de coups dans la nuit et un sommeil réparateur durant des nuits entières ; et pour Bébé M une meilleure qualité de sommeil et donc des journées qui se passent mieux, où il a plus de patience et d’énergie pour continuer à bien grandir et à apprendre de nouvelles choses. 

Bien sûr, les 2 premières nuits ont été très difficiles. Nous avons dû nous relayer pour ne pas craquer sous la colère et le manque de sommeil, et malgré ça nous avons malheureusement quand même élevé la voix. Nous avons crié aussi, vraiment, non pas sur Bébé M évidemment, mais dans la salle de bain histoire de passer nos nerfs. On le sous-estime souvent mais c’est épuisant moralement de faire face aux pleurs d’un enfant, qui plus est en pleine nuit, et nous sommes faillibles, c’est normal de craquer, le tout est de le faire pour se décharger des tensions pour revenir plus calme auprès de bébé. 

Suite à cette expérience, nous avons appris de nos bonnes et mauvaises idées, je crois donc pouvoir aujourd’hui résumer quelles sont les clés pour apprendre à son bébé à s’endormir seul, toujours dans la bienveillance. Je vous les dévoile dans un prochain article qui clôturera la série bien nommée « la fin des nuits pourries ». 

8 réflexions sur “Apprendre à s’endormir seul dans la bienveillance

  1. Mes réflexions de maman dit :

    Je suis tellement contente pour vous que ça se soit passé comme ça. Il n’y a jamais de bon moment pour changer les choses, ce sont souvent eux qui sont à l’initiative (volontairement ou pas d’ailleurs) et on doit suivre et s’adapter. Même si c’est au beau milieu de la nuit …
    Ca vous a parru un peu long cette mise en place, mais finalement, 3 jours ce n’est vraiment rien. Je crois que l’accumulation d’autant de nuits compliquées avant nous donne envie que ça se passe encore plus vite, presque immédiatement, mais 3 jours, vraiment, je trouve ça super. Et les nuits qui arrivent vont étre extrèmement réparatrices pour vous. Profitez en. Le sommeil c’est la vie

    Aimé par 1 personne

    • happysunnybabies dit :

      Je savais que ça serait difficile les premiers jours, mais je me doutais pas que ça se mettrait en place si vite en fait. Je m’étais préparer à ce que ça prenne des jours, et puis finalement on a vu les premiers progrès très rapidement. On a encore du mal à y croire !

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  2. Dinde De Toi dit :

    Je rejoins l’avis ci-dessus, même si ces 3 journées ont été épuisantes (je n’imagine que trop bien) c’est au final une goute d’eau dans l’océan des nuits pourries 😉.
    En tout cas merci pour ton partage d’expérience qui j’en suis sûre me sera utile le moment venu 👍.

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  3. mamanluju dit :

    Je suis bien contente que vous ayez enfin pu retrouver tous les 3 un sommeil réparateur ! J’avoue que je suis épatée par la patience et la bienveillance avec lesquelles vous avez aidé votre fils à apprendre à s’endormir seul ! Et effectivement, même si les 3 jours ont dû vous sembler longs et difficiles, au final, ç’a été rapide !

    Il ne me reste qu’à te souhaiter un bon sommeil 😉

    Laurène

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  4. lafamilydemary dit :

    Super récit d’expérience et bravo à vous!
    Chez nous ce ne sont pas les couches qui sont compliqués mais les siestes. TouTu se passe bien à la crèche mais à la maison, notre puce à du mal à se laisser aller. Si on se promène en poussette, elle s’endort, ou encore lovée contre nous sur le canapé. Nous avions essayé plus ou moins de la coucher dans les même conditions que le soir (volets fermés et gigoteuse) mais maintenant qu’elle dit « non » elle me montre la porte de sa chambre et me répond « non » à la question (tu vas faire 1 petite sieste?  » … Peut être qu’en l’accompagnant ainsi ça serait plus facile. Mais je dois dire qu’effectivement c’est durgent d’encaisser les pleurs de son enfant qui refuse de de rester dans son lit. Ça met nos nerfs à rude épreuve. Hâte de lire la suite

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