J’ai été éduquée sans fessées

Ou pourquoi j’ai choisi l’éducation bienveillante

Je lis souvent sur des forums ou parfois même en commentaire sur des blogs de parentalité positive : « Moi, j’ai eu des fessées, j’en suis pas morte » et cette phrase me heurte autant qu’elle me conforte dans mes choix éducatifs. Pour ma part c’est tout le contraire : moi, je n’ai jamais eu de fessées, et je n’ai pas mal tourné pour autant.

Fessée

Je ne m’étalerais pas sur les arguments qui poussent chaque jour plus de parents à faire le choix de l’éducation non-violente et venant débanaliser les coups (inefficacité de ces méthodes, statistiques sur la criminalité dans les pays qui pénalisent la fessée, effet à court et long terme sur le psychisme de l’enfant, le nombre d’enfants qui meurent sous les coups chaque année), bien d’autre l’ont fait bien mieux que ce que je pourrais faire.

Je voudrais plutôt ici remercier mes parents, leur dire combien je leur suis reconnaissante d’avoir choisi une autre voie que celle qui était tant en vogue durant ma petite enfance. Les prises de conscience sur les VOE (violences éducatives ordinaires) et sur les châtiments corporels sont encore récentes, pourtant, dans les années 90, mes parents s’était déjà tournés vers l’éducation bienveillante.

Sans l’aide des vidéos YouTube de grands neuropsy, sans les livres d’une certaine I. Filliozat et surtout contre l’opinion de la famille entière et de la société en général, mes parents ont suivi la voie qui leur semblait juste, celle qui respectait l’intégrité de leurs enfants.

Ils ont choisi de nous respecter, ils ont choisi de nous faire confiance, et ils ont choisi de s’opposer à la pression de ceux qui voulait qu’on reçoive des tapes « pour qu’on comprenne ».

Ils ont fait de nous des personnes respectueuses, conscientes des règles et comprenant leur utilité. Ils nous ont donné leur confiance en nous laissant faire nos propres choix et en expliquant plutôt qu’en punissant, et nous avons eu envie de leur donner raison. De les rendre fiers de nous avoir « bien éduquées », de leur dire qu’ils avaient fait le bon choix et que leur décision ne ferait pas de nous de mauvaises personnes. Ils nous ont guidés de manière positive, et nous n’avons pas mal tourné, bien au contraire.

Et plus que tout ça, ils nous ont enseigné l’empathie. Parce qu’en refusant de nous taper, à notre tour nous refusons les tapes, nous ne supportons pas la violence, nous prenons la défense de ceux qui subissent des brimades. Ils nous ont permis de ressentir de la peine et de tout faire pour ne pas infliger de peine aux autres. Ils nous ont permis d’avoir du cœur.

Parce que ce que j’entends quand on me dit « Moi, j’ai eu des fessées, j’en suis pas morte », c’est une absence totale d’empathie : pour l’enfant qu’on a été et qu’on juge ainsi méritant les coups reçus, pour qui on oublie la douleur et l’humiliation ressentie, et pour nos enfants à notre tour, leur retirant tout droit de se plaindre parce que finalement ce n’est pas si grave que ça.

Alors merci de m’avoir élevée de cette façon, de m’avoir permis de voir que les coups ne sont pas tolérables et qu’ils n’ont pas leur place dans une relation parent-enfant.

Merci d’avoir été bienveillants, et de l’être encore maintenant.

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